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Zoom sur le water-polo féminin français avec Léa Bachelier et Aurore Sacré

Avec l’Olympic Nice Natation, elles ont fini 3ème du championnat de France l’année dernière, et réalisent un très bon début de saison : Aurore Sacré et Léa Bachelier nous parlent de leur sport, leur passion et Paris2024.

 

Pouvez-vous vous présenter ?

Aurore Sacré : Je m’appelle Aurore Sacré, je suis étudiante en ingénierie à l’INSA de Lyon. Je suis licenciée depuis cette année au club de Nice, auparavant j’étais en Charente Maritime. Je suis membre de l’équipe de France depuis 2010.

Léa Bachelier : Moi c’est Léa Bachelier, je viens de Nancy et je suis à Nice depuis 3 ans. Je suis étudiante en Master 2 de Sociologie, Migration et Altérité. Comme Aurore, je suis aussi en équipe de France depuis mes 16 ans.

 

Comme vous êtes étudiantes, est-ce que vous bénéficiez d’un emploi du temps aménagé ?

AS : Oui, normalement une école d’ingénieur c’est un diplôme en 5 ans et moi je vais l’avoir en 7 ans et demi. Sinon je reviens tous les weekends sur Nice à partir du vendredi soir pour les entrainements et matchs le weekend et je repars à Lyon le lundi.

LB : Pour ma part, j’ai dédoublé toutes mes années depuis ma licence 3 et je suis actuellement en Master 2 et c’est ma dernière année d’études.

 

Pouvez-vous nous présentez le water-polo en 2 minutes ?

AS et LB : Alors c’est un sport collectif – dans l’eau – avec un ballon – une sorte d’handball dans l’eau – un jeu collectif – il faut marquer des buts et il y a deux équipes – du combat et de la natation.

 

D’où vous vient cette passion ?

 AS : Personnellement j’ai d’abord commencé la natation et je suis rentrée en section water-polo, mais c’était avant tout pour nager. Puis j’ai testé le waterpolo et j’ai beaucoup plus accroché parce que c’est un jeu de ballon et forcément on en devient fan car c’est beaucoup plus attractif que la natation, c’est un jeu d’équipe. On vit les victoires et les défaites ensemble.

LB : Je n’ai jamais fait de natation mais mon père, ancien joueur, entrainait l’équipe de France de water-polo et ma mère était, elle aussi, en équipe de France. Mes parents n’ont pas voulu m’y mettre toute de suite mais j’y suis venue quand même parce que c’est familial. Mon frère joue aussi pour l’équipe de Nice.

Ce qui me plait aussi dans ce sport c’est que le water-polo est un tout petit monde et on crée des liens super forts avec les autres joueuses dans toutes les villes de France.

 

Pouvez-vous nous faire part de votre expérience internationale avec l’équipe de France ?

 AS : L’équipe de France de water-polo féminine n’a jamais participé aux jeux olympiques mais l’équipe masculine y est allée l’été dernier.

LB : Il faut aussi savoir que le water-polo féminin est une discipline olympique depuis 2000.

AS : En revanche, on a déjà participé aux championnats du monde, deux fois, en 2015 et 2017 à Budapest. On a d’ailleurs fini 11ème, notre meilleur ranking ! On progresse et maintenant notre objectif c’est d’être dans les 10 pour aller à Tokyo.

 

Comment se passent les qualifications pour les jeux olympiques ?

 AS : Chez les filles seulement 8 équipes ont été sélectionnés en 2016 mais pour les prochains jeux (Tokyo) il y en aura 10. On va vraiment essayer de jouer notre qualification pour Tokyo.

 LB : Les qualifications passent par un tournoi par continent puis un tournoi préliminaire. Pour les jeux de Rio on a été qualifié au tournoi préliminaire, à seulement un match de pouvoir participer aux jeux mais c’était contre les championnes olympiques (Etats-Unis), il n’y a pas eu beaucoup de suspens… Mais comme l’a dit Aurore, pour Tokyo il y aura 2 équipes supplémentaires donc on a vraiment notre carte à jouer. Après pour Paris 2024 on sera qualifiées d’office mais est ce qu’on jouera encore ça on ne sait pas.

 

Une carrière de water-polo s’arrête si vite ?

 AS : Tout dépend de chaque personne. A Rio, par exemple il y avait une joueuse de 36 ans.

LB : Cependant en France c’est rare car on n’a pas le statut « pro », et donc on n’est pas rémunérées et quand on arrête les études ça devient compliqué de continuer. C’est pour cela qu’en France les filles s’arrêtent très tôt, souvent avant 30 ans.

AS : Même nous actuellement en équipe de France on fait déjà parti des plus vieilles.

 

Qui est la nation qui domine le water-polo féminin actuellement ?

 AS : C’est les Etats-Unis qui dominent. Elles sont au dessus et n’ont même pas de rivale.

LB : Sans conteste ! On a eu la chance de les jouer une fois et elles sont vraiment impressionnantes.

 

Vous êtes fières de l’attribution des JO à Paris ? Vous avez soutenu la candidature ?

 AS : Oui nous avons soutenu la candidature à travers plusieurs actions comme des photos et des événements. Et lors du stage France on avait réalisé une photo qu’on a partagé sur les réseaux sociaux.

LB : Même en dehors du fait de se poser la question de savoir si on y participera ou pas ça sera un événement de folie donc on est très contente que ça soit en France, en plus à Paris, ça va être magnifique !

 

Quel est pour vous l’athlète qui représente le plus les valeurs de l’olympisme ?

 LB : Je dirai l’équipe de France de Handball. Il n’y a pas un joueur en particulier mais déjà c’est un sport collectif comme nous et je trouve qu’ils sont vraiment exemplaires. Ils sont soudés, leur collectif donne vraiment envie, ils ont la flamme.

AS : Après c’est vrai que chaque sportif se doit d’être exemplaire, dès qu’on fait du haut niveau on est un peu obligé de l’être. On doit respecter un mode de vie très rigoureux.

 

Est ce que vous êtes fière d’être des ambassadrices de votre sport dans la région ? Y a-t-il un statut pour vous dans la région en tant que sportive de haut niveau ?

 LB : A notre échelle on ne le ressent pas trop, on a notre petite routine : on va à l’entrainement, à la fac, etc. Après dans la région c’est compliqué car le water-polo féminin n’est pas non plus une discipline très reconnue. Mais on représente les couleurs de Nice et de ce fait la région, c’est sur !

 

En 3 mots ce que le sport représente pour vous :

 AS : Plaisir

LB : Amitié

AS : Performance

LB : Aventure

AS : Effort

 

Un mot pour conclure :

AS : J’aimerais encourager les gens à faire du water-polo

 LB : Et surtout les filles !

AS : C’est un sport encore trop méconnu qui est pourtant trop cool.

LB : Le format est sympa en plus car ce sont des matchs d’une heure, où il y a des phases d’attaque, de défense et de combat.

AS : Et en plus on est en maillot de bain !