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PACA – Bernard Laporte : « Les racines de notre rugby, elles sont là ! »

Hier, le président de la Fédération française est venu promouvoir le rugby féminin en milieu scolaire, au lycée avignonnais François-Pétrarque où une section a vu le jour.

Comme à son habitude, il ne s’est pas ménagé. Bernard Laporte est un personnage clivant. On l’apprécie ou pas. Mais s’il y a bien quelque chose qu’on ne peut lui reprocher, c’est de ne pas faire le job quand il s’est engagé à donner de sa personne. Et hier matin, sur les terrains de rugby du lycée agricole François-Pétrarque, le Tarnais s’est investi sans compter.

Le président de la Fédération française de rugby avait répondu favorablement à l’invitation de Pascal Laborde, directeur de l’établissement avignonnais et fondateur d’une section féminines à XV en début de saison. Pour l’ancien sélectionneur de l’équipe de France (2000-2007), cela ne signifiait pas faire simplement acte de présence et s’éclipser discrètement. Non, non. En mini-tournée provinciale, le patron de la FFR, attendu l’après-midi du côté de Lunel pour y inaugurer le club-house et entraîner l’école de rugby, a pris les choses en main. En premier lieu, le ballon.

Un président de terrain

Si son escale vauclusienne avait pour cadre la signature d’une convention de partenariat entre le lycée Pétrarque et certains clubs du comité Paca (Avignon/Le Pontet, le BC Isle, Noves et, bien sûr, le RC Velleron), on l’a beaucoup vu, aussi, au milieu des élèves. Et là, Laporte a fait du Laporte. Invité à encadrer des ateliers de travail, celui qui a conduit le RC Toulon à un triplé européen (2013, 2014, 2015) et à un titre de champion de France (2014) a conduit les séances avec l’énergie et la verve qu’on lui connaissait en tant que coach.

« Passe la balle ! Vite ! Reviens ! Voilà ! » Laporte n’a cessé de mitrailler ses consignes, de corriger et d’encourager. Pour un peu, on aurait pu croire qu’il préparait un match. « Bernard ? C’est là qu’il est bien, souriait un dirigeant du comité régional en montrant le pré. C’est un président de terrain.« 

L’intéressé s’accommode parfaitement de la description. « C’est passionnant d’inculquer les bases du rugby à des quasi-débutantes« , corroborait Bernard Laporte à peine essoufflé après avoir accompagné les mises en place tactiques sur un terrain de campagne. « Mais les racines, elles sont là !, clamait-il en pointant le sol du doigt. Les racines ? Ce sont aussi tous ces élèves. Comme dans tous les sports, il faut former, dès le plus jeune âge. » La politique fédérale du président Laporte induit, justement, le déploiement d’un fort contingent de cadres techniques auprès des clubs et des établissements scolaires, à travers tout le territoire, « dont les villages de moins de 10 000 habitants qui représentent 80 % du rugby français« , complètait-il encore.

Au coeur de ce maillage, les effectifs de féminines se développent également et la vitalité affichée par les lycéennes de Pétrarque fut là pour l’attester, hier. « En l’espace d’un an, rappelait Bernard Laporte, on a enregistré une hausse des licenciées de 30 % (29 000 adhérentes, à ce jour). Les efforts de la Fédération y contribuent. Tout comme les excellents résultats de notre équipe de France féminines, une vraie locomotive qui donne envie aux filles de pratiquer ce sport. » En club. Ou dans un milieu scolaire à l’égard duquel la Fédération française de rugby est particulièrement attentive, là aussi. « C’est un univers qu’on a eu tendance à délaisser, relève le président. On met tout en oeuvre pour le reconquérir par le biais d’éducateurs mis à disposition. Il s’agit d’initier, mais aussi de recruter de futurs licenciés. L’école, c’est la base. » La racine de l’apprentissage et de l’épanouissement.

 

Source : La Provence