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Le sport féminin rencontre de nombreux freins dans les politiques sportives locales

Le sport féminin n’est ni un axe formalisé ni un axe prioritaire dans une majorité des politiques sportives locales en France. Tel est le principal enseignement d’une enquête de l’Association nationale des élus en charge du sport (Andes) intitulée « La place du sport féminin dans les politiques sportives locales« , publiée en avril 2018 en partenariat avec la Caisse des Dépôts.
Ainsi, si 46,2% des répondants mettent en oeuvre des actions en faveur du développement de la pratique féminine associative, pour 50,4% des répondants, la pratique féminine reste « un axe implicite, non formalisé » et pour 14,5% un axe « absolument pas abordé ». Pour 21,4% des répondants, en revanche, il s’agit d’un axe « formalisé », tandis que 13,7% en font un axe « prioritaire ».
Quant aux leviers d’intervention privilégiés par les collectivités locales qui ont formalisé ou priorisé la pratique féminine associative, il s’agit en premier lieu de la mise en place de critères de subventions directes (47% des répondants), de subventions indirectes (37,3%), d’actions de sensibilisation du jeune public (36,1%), d’actions de sensibilisation du public féminin (34,9%) et de créneaux horaires privilégiés dans les équipements (26,5%).

Manque d’information

Pour les élus, le manque de formalisation et de priorisation en faveur de la pratique féminine tient très majoritairement au manque d’information. 88,9% des répondants affirment manquer d’information au sujet des dispositifs d’accompagnement pour des projets de développement du sport féminin et 86,3% s’estiment insuffisamment informés sur les aspects législatifs promouvant la pratique féminine.
Pourtant, les femmes sont bien présentes dans le paysage sportif local pour l’immense majorité des élus. L’enquête de l’Andes révèle ainsi que 93,1% des élus affirment avoir sur leur commune ou groupement de communes au moins un club présidé par une femme. Parallèlement, 89,7% des associations sportives proposent des sections féminines.

Absence de demande

Malgré ces derniers chiffres, force est de constater que des freins demeurent à la pratique sportive associative des femmes. Au titre des principaux freins, les répondants à l’enquête mettent largement en tête l’absence d’une demande concrète du public féminin (49,1%), devant le manque de personnel féminin encadrant (29,1%) et une offre associative non adaptée (26,4%). Viennent ensuite des créneaux horaires non adaptés (20%), des équipements ne répondant pas aux attentes et besoins des licenciées (19,1%) et le manque de formation des encadrants (19,1%).
La pratique hors club, ou autonome, est quant à elle beaucoup plus difficile à évaluer. Notons toutefois que 25% des collectivités locales organisent des manifestations sportives à l’attention exclusive du public féminin. Ici encore, les freins à la pratique, selon les élus, tiennent majoritairement à l’absence d’une demande concrète du public féminin (62,6%), devant des espaces ne correspondant pas aux besoins et attentes des pratiquantes (33,6%) ou encore la saturation des lieux de pratique (21,5%).
En guise de conclusion à cette enquête sur le sport féminin dans les politiques sportives locales, l’Andes estime que pour le développer, « il faut chercher à être proactif et induire le changement des comportements des femmes à l’égard du sport », mais encore « se poser la question de la pratique en famille » et, surtout, « ne pas attendre que le besoin soit exprimé ».

 

Source : Caisse des dépôts et des territoires