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Laura Flessel : «Chanter la Marseillaise, c’est du patriotisme»

Ancienne championne d’escrime, Laura Flessel décrypte sa première année à la tête du ministère des sports, marquée par l’attribution des JO 2024 à Paris.

Un an après sa nomination surprise au poste de ministre des Sports, l’ancienne championne d’escrime a choisi le Parisien – Aujourd’hui en France pour dresser un premier bilan.

Vous êtes issue de la société civile. Un an après votre nomination, avez-vous trouvé votre place ?

Laura Flessel. Je suis à ma place ! Dès la sortie du premier conseil des ministres, j’appartenais à un gouvernement. Un an après, je suis à une étape. Les chantiers auxquels nous pensions sont lancés. Un nouveau modèle de gouvernance sportive se dessine, cela faisait soixante ans qu’il n’avait pas évolué. Nous avons aussi énormément travaillé sur les questions de sport santé. En douze mois, j’ai effectué plus de deux cents déplacements, j’ai écouté, j’ai entendu, je m’engage à apporter des transformations.

Votre première année a notamment été marquée par l’attribution des JO de 2024 à Paris. Une revue de dossiers est en cours. Doit-on s’attendre à de gros changements ?

Lorsqu’on fait construire une maison, on ne reste pas sur un premier devis. Dès ma prise de fonction, nous avons lancé de concert avec le ministère de l’Action et des Comptes publics une inspection. Ce rapport nous donne des indications en identifiant les zones de risque. Il va nous permettre de prendre les bonnes décisions pour respecter le budget sur lequel nous nous sommes engagés. Nous discutons avec les collectivités et nous présenterons le dossier à la commission de coordination du comité international olympique, le 18 juin. Concernant l’héritage de ces JO, un volet important est consacré à la transformation de la société par le sport.

L’objectif du président est de susciter 3 millions de pratiquants supplémentaires. Si nous voulons transformer l’amour du sport en une culture de la pratique, cela passera, en premier lieu, par l’éducation et nous travaillons en ce sens avec Jean-Michel Blanquer. Dès la rentrée prochaine, le label « génération 2024 » permettra de créer des programmes sportifs au cœur des écoles.

Un volet sociétal ? Mais aussi sportif puisque vous souhaitez que la France décroche 80 médailles à Paris, en 2024. La création d’une agence regroupant la haute performance et le développement des pratiques a été annoncée…

Je n’ai jamais parlé d’agence, mais d’une structure avec deux piliers, la haute performance et la pratique pour tous. Il n’est pas question de créer un énième étage, mais de travailler de manière plus efficace avec le mouvement sportif, les collectivités territoriales et le monde de l’entreprise. Cette co-construction est inédite, on précisera les choses en juillet, au terme des concertations.

Vous parlez de concertation, cette réforme se fait toutefois dans la douleur. Denis Masseglia, le président du comité olympique français, n’a pas caché parfois son mécontentement…

Cela fait soixante ans que ça n’avait pas bougé, c’est normal d’avoir des appréhensions. Laissons nos ego de côté pour agir ensemble. Aujourd’hui, je constate que le climat est apaisé, c’est ce qui est important.

Le mouvement sportif a pointé le fait que budget du Centre national du développement du sport (CNDS) a été fortement réduit, ce qui, selon lui, pénalise les clubs. Comprenez-vous sa position ?

Je suis allée sur le terrain, j’ai moi-même créé un club d’escrime, je suis consciente des difficultés de la vie associative. Oui, j’ai entendu. J’ai demandé à la direction des sports et au Cnds de trouver des solutions financières pour ces clubs. Ils étudient des pistes. L’objectif n’est pas de mettre les clubs en difficulté mais de travailler de manière plus efficace afin de les faire vivre.

Avec les comités olympique et paralympique, vous aviez envoyé il y a quelques mois un courrier aux fédérations afin que la Marseillaise soit entonnée avant chaque Championnat de France. Où en êtes-vous des concertations ?

Chanter la Marseillaise, ce n’est ni du chauvinisme, ni du nationalisme, mais du patriotisme. J’ai soumis l’idée que la Marseillaise puisse être jouée avant les Championnats de France. Aux clubs de s’en saisir s’ils le souhaitent.

On n’entendra donc pas forcément la Marseillaise avant chaque match de Ligue 1 ?

L’idée est de rassembler les acteurs qui organisent une compétition, les sportifs, les bénévoles, les juges autour de la Marseillaise. Sur la base du volontariat.

Vous avez souhaité l’organisation d’une fête du sport, chaque année en septembre. Pourquoi ce projet vous tient-il tant à cœur ?

Parce que je crois en cette fête populaire ! Nous avons reçu près de 500 projets. On va permettre aux clubs d’aller à la rencontre des Français afin de présenter ce qu’ils font et ainsi capter des licenciés. Ce sera une réussite, j’en suis certaine.

 

Source : Le Parisien