Dopage tour de France : Tout savoir sur les chiffres du dopage

Le dopage est une pratique courante dans bon nombre de sports professionnels. Ceux qui optent pour cette pratique le font notamment pour décupler leur capacité et augmenter leur performance. Ainsi, l’histoire remarquable du cyclisme est bien évidemment parsemée d’une longue série de suspicion de dopage. À cet effet, le Tour de France, une prestigieuse compétition de cyclisme, s’est vu entacher de bon nombre de cas de dopage. Bien qu’aujourd’hui les chiffres soient moins criards, la polémique demeure. Voici ce que vous devez savoir des chiffres sur le dopage en Tour de France.

Point historique sur le dopage

Le dopage est une pratique qui revient fréquemment sous les projecteurs dans la plupart des sports professionnels. Mais d’un point de vue historique, le cyclisme notamment le Tour de France a connu bon nombre de déboires surtout entre les années 1990 et 2000.

Les premières apparitions

Comparativement à autre fois, les chiffres sont moindres aujourd’hui, mais le mal demeure dans le cyclisme. C’est d’ailleurs pour cela que les contrôles antidopage se font de plus en plus dans ce sport. Ainsi, le cyclisme apparaît dans l’histoire dès la fin du 19e siècle.

Les premières compétitions se faisaient sur piste et suscitaient tout autour une liesse populaire et pas des moindres. Parallèlement, les pratiques dopantes font leur apparition dès l’avènement du Tour de France.

Les témoignages de cyclistes

L’année 1924 fut notamment marquée par la publication par un journaliste d’antan d’un article dénommé « Les forçats de la route » sur les pratiques dopantes que mènent certains cyclistes. Cet article résumait les témoignages de deux cyclistes, les frères Henri.

Ils parlaient en effet, des produits qu’ils ingéraient pour annihiler la douleur ressentie pendant l’effort physique, sur les pistes. L’un d’eux déclarait « Nous souffrons du départ à l’arrivée. Voulez-vous voir comment nous marchons ? […] Ça, c’est de la cocaïne pour les yeux, ça, c’est du chloroforme pour les gencives. »

Le second beaucoup moins parlant affirmait « nous marchons à la dynamite ». Mais jusque-là, le dopage n’est toujours pas traité comme un sujet houleux. Bien sûr, les observateurs du domaine ne se prononcent que rarement sur cette problématique.

Une pratique qui ne fut aucunement encadrée

En absence d’une législation vigoureuse qui encadre voire sanctionne cette pratique, les coureurs ont libre choix d’utiliser des produits dopants avant les courses. Même quand, lors du Tour de France 1960, l’un des docteurs surprend un des coureurs, qui s’avère plus tard le vainqueur en pleine séance de dopage, aucune sanction n’a été engagée contre ce dernier.

D’aucuns s’affichent clairement en public en tenant des propos à peine voilés sur l’usage qu’ils font des produits dopants. C’est d’ailleurs le cas d’un cycliste italien, Fausto Coppi, qui affirme consommer des amphétamines en piste.

Le quintuple maillot jaune de l’épreuve Jacques Anquetil soutient également l’usage de produits dopants, que lui-même utilise personnellement. Il ironise d’ailleurs en disant que ses fesses s’apparentent à une passoire, à force des piqûres répétées d’amphétamines. Pour autant, rien n’est fait.

La pratique du dopage mis peu à peu en lumière

C’est bien après, en 1960, que les responsables médicaux, sportifs et même les autorités politiques ont pris la chose à cœur. Il faudra plusieurs incidents des plus graves ou moins graves, pour que les projecteurs soient braqués sur la pratique du dopage en cyclisme.

Notamment, en 1955 Jean Malléjac subit un malaise qui entraîne d’ailleurs l’exclusion de son soigneur. Un peu plus de deux ans après, un autre cycliste a dû abandonner en plein milieu d’une étape en raison de forte douleur induite par une piqûre intraveineuse de calcium.

Outre cela, Roger Rivière chute brutalement lors de la descente du col du Perjuret. Conséquence immédiate, une paralysie totale qui signe la fin de sa carrière. Le coupable ? Quelques pilules de palfium sont retrouvées dans l’une des poches de son maillot.

En 1962, un peu plus de 10 coureurs jettent l’éponge avant même le départ d’une étape. Coup de théâtre, ils l’ont tous fait sur la même étape. L’excuse avancée était une soi-disant intoxication alimentaire causée par une ingérence de soles avariées. À croire que leur cuisinier a confondu la sole et la morphine qui a finalement été dénichée comme véritable cause. Les chiffres ne sont qu’une confirmation de plus.

Des chiffres alarmants

Parlons chiffres à présent. Entre 1960 et 2005, les chiffres sont énormes. Entre 1968 et 1984 par exemple, en moyenne, 80 % des cyclistes du top 10 étaient suspectés de dopage. Pire encore, dans le top 3 sur plusieurs années, 100 % des cyclistes ont eu à faire recours à des produits dopants.

Des statistiques mises en lumière

Des sites spécialisés ont mené des investigations, fouillées des archives, remué des dossiers, pour mettre la lumière sur un manège qui perdure depuis plus de 50 ans maintenant. Bien évidemment, personne n’ose contester les données sorties par le site.

Ce travail acharné n’a subi aucune poursuite judiciaire depuis sa publication, encore moins envers son auteur, Stéphane Huby. Ainsi, bien qu’il paraisse une tâche ardue de s’enquérir de l’évolution réelle des pratiques dopantes qui ont tenu tout au long du 20e siècle, celles-ci s’avèrent prolifiques.

Les chiffres avancés par le directeur de l’équipe de France

Au regard des allégations pesant sur le Tour de France, le directeur de l’équipe de France avance un chiffre. Selon lui, un peu plus de 75 % des cyclistes d’antan avaient recours au dopage. Ce n’est pas une surprise quand on regarde les statistiques de l’époque.

De plus, sur les 9 386 participants aux 54 Tours de France depuis 1968, on relève un nombre record de 3 225 cas de suspicion de dopage, environ 35 %. Ce chiffre est fort parlant de la situation qui prévaut depuis ces années.

Des statistiques faussées

Il fut une période où ces chiffres alarmants ont connu une baisse surprise. De 12,6 % en 1967, ils passèrent à 4 % en 1968, pour 1 % en 1975. En réalité, cette chute soudaine est le résultat d’un maquillage organisé.

Les cyclistes se sont en effet adaptés aux divers contrôles qui ont été mis en place. Ils font recours notamment à de nouvelles substances qui passent incognito lors des tests antidopage. Ajoutés à cela, les promoteurs faisaient bonne propagande de la fin du dopage et de l’efficacité des mesures.

Comme une chorale, les médias relayaient en masse ces fausses informations. Cette période fut donc marquée par la diffusion de nombreux gros titres. Ces derniers étaient en réalité destinés à l’étouffement, puis à l’assouplissement des mesures antidopage. Un véritable système de triche organisé était mis en place.

De nombreux cas de dopage malgré les contrôles

En tout état de cause, le cyclisme se hisse haut sur la liste des disciplines les plus contrôlées dans le monde du sport. Ces dernières années révèlent également des résultats plus qu’effrayants. Environ, un tiers des cyclistes ayant participé au Tour de France ont eu recours au dopage.

Aussi, le top 10 à Paris n’est pas épargné : un peu plus des deux tiers des cyclistes sont positifs au dopage. Les trois quarts des bouquets du podium y sont également passés, sans compter les 76 % des maillots jaunes positifs au test de dopage. Plus précisément, sur les 45 maillots jaunes connus depuis 1968, 38 ont été officiellement détectés positifs au test antidopage. Quelques-uns sont passés aux aveux avant même lesdits tests.

Les statistiques de 2005 à 2021

En dépit de ces statistiques plus que parlantes, le phénomène a connu une baisse remarquable depuis 2005. En effet, un peu moins de 30 % des cyclistes du Tour sont suspectés de cas de dopage. Cette situation s’est améliorée progressivement jusqu’en 2012. Cette même année, un peu moins de 20 % des cyclistes du Tour de France étaient positifs aux tests antidopage.

Dès lors, les statistiques tombent à la baisse. De 2013 à 2021, les pourcentages de dopage n’excèdent plus 15 % globalement. Bien au contraire, ils baissent considérablement. Par contre, il faudra attendre 2014 pour voir ce chiffre tombé dans les 30 % parmi les cyclistes du top 10. On peut attribuer cette statistique au fruit du hasard.

Déterminants de l’évolution de ces chiffres

Il est primordial de faire une petite analyse sur l’évolution des chiffres du dopage dans le cyclisme. La fulgurante croissance de ces chiffres notamment avant les années 2000 s’expliquerait par plusieurs facteurs.

Le désir de briller et l’esprit de compétition

La plupart des cyclistes le deviennent parce qu’un membre de la famille l’est ou encore pour se prouver à soi-même qu’ils sont capables de se surpasser. Ainsi, cette soif de succès amène bon nombre de cyclistes à faire recours à des produits dopants. Ajouté à cela, un esprit de compétition prévaut depuis toujours dans cette discipline.

Le champion est toujours celui qui accepte de rajouter quelques kilomètres à sa distance de prédilection et d’accepter se faire mal sans craindre quoi que ce soit. Au regard de cela, quelques produits stimulants sont petit à petit pris.

L’influence des médecins ou du suivi médical

La première intention est certainement de supprimer la douleur après l’effort, mais pourquoi le faire après si on peut le faire pendant. Dès lors, le cycliste s’arme de produits dopants pour augmenter ses performances et réduire les sensations de douleur durant l’effort.

Cette pratique sera d’autant plus renforcée par le poids des médecins ou du suivi médical. Certains médecins vont jusqu’à dire « des petites doses de testostérone bien placées, cela n’a jamais fait de mal à personne ».

À cette pensée, le cycliste après mûre réflexion, sera bien évidemment tenté de faire usage des produits dopants. D’ores et déjà, les chiffres ne peuvent que s’affoler. Après tout, il s’agit de ravir le maillot jaune.